Le mal-être d’une chrysalide inachevée

"Indéfini dans mon cocon, ni chenille, ni papillon, je suis un être en mutation, en permanente permutation."



Expatriée  de naissance, j'ai connu les avantages réels et les lourds inconvénients du déracinement. Il élargit la vision du monde et la connaissance des hommes ; il dissipe les brouillards des conformismes et des particularismes étouffants ; il préserve d'une suffisance patriotique qui n'est en vérité que médiocre contentement de soi-même ; mais il constitue dans la lutte pour l'existence un handicap plus que sérieux.
Coincée entre 2  mondes, entre 2 civilisations, de langues et de coutumes différentes  on ne sait plus comment  faire pour réunir ses 2 ensembles en 1 seule entité. De retour au pays, on doit tout d’abord se soumettre aux traditions(qui peuvent nous coûter très cher), on se sent mal compris de nos concitoyens qui ne partagent pas la même vision des choses que vous et qui des fois vous reprochent votre différence, votre autre langue….en vous accusant d'en faire cliché… sans savoir l’amertume du sentiment de rejet que vous avez de vous sentir étranger entre vos proches.
Ce qui vous oblige à ne parler que la langue du pays pour ne plus vous faire remarquer au détriment de la seule langue que vous maîtrisiez à 100% et ce qui à la longue finit par vous faire perdre l’oral de cette langue vous laissant coincé entre une langue parlée et une autre écrite.
C’est peut-être un atout pour certains d’être né sous d’autres cieux,mais c’est aussi une souffrance atroce vécue par d’autre selon les formes de la vie et du destin de chacun...bloqué entre la chenille qu’on était et le papillon que l’on voulait être, mais que l’on ne sera malheureusement jamais. 

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